Née : 5 mars 1934
Profession: 8 décembre 1963
Décédée : 2 mars 2026
Bertha Mavis Hurley est née à Hunterville, en Nouvelle -Zélande, le 5 mars 1934. Ses parents, Lois et Joseph Hurley, ont accueilli avec joie des jumelles identiques. La terre a tremblé juste après la naissance de Bertha, lorsqu’un séisme de magnitude 7,6 a frappé le sud de l’ile du Nord. Une fois la secousse passée, sa jumelle Lois, est née. Les jumelles ont apporté beaucoup de bonheur à leurs quatre frères ainés : Arthur, Dudley, Brian et Desmond. En grandissant, elles s’amusaient à semer la confusion en échangeant leurs identités, tant elles se ressemblaient et portaient souvent des vêtements assortis. Les jumelles ont étudié au Sacred Heart College de Whanganui, puis ont travaillé comme aides-soignantes à la maternité d’Opunake. Bertha a toujours entretenu une relation très spéciale avec sa jumelle, Lois, et a été profondément affectée par son décès en 2015.
A 27 ans, après un an et demi de voyage et de travail en Angleterre, Bertha est entrée au noviciat SMSM à Heretaunga, près de Wellington. Elle fait sa première profession le 8 décembre 1963. Ensuite on lui a demandé à suivre des études par correspondance l’année suivante, afin de réussir son examen d’entrée à l’université et ainsi pouvoir entreprendre des études de licence (B.A.) à Victoria University pendant les trois années’ suivantes.
Forte de son diplôme d’enseignement, Sœur Bertha est envoyée en mission aux Samoa où, pendant six ans, elle enseignait le matin à l’école Marista de Moamoa, dont elle est plus tard devenue la directrice, et l’après-midi au Saint Mary’s College à Vaimoso. Outre l’enseignement de l’anglais et du latin, elle partageait avec ses élèves sa joie d’être une religieuse et missionnaire.
Le cœur de Bertha était ouvert à tous. Apres Vatican II, l’approche de l’église envers les croyants d’autres confessions a radicalement changé, et un appel a été lancé à approfondir nos relations avec eux. Aux Fidji les smsm ont fondé une petite communauté à Naleba pour enseigner dans un collège rural isolé, géré par un comité, soutenant ainsi la minorité catholique indo-fidjienne et dialoguant avec ses voisins hindous, principalement des cultivateurs de canne à sucre. Lorsqu’un appel a été lancé pour recruter un volontaire afin de rejoindre Sœur Frances Hardiman dans cette mission, sœur Bertha s’est portée volontaire.
Elle fut transférée aux Fidji et s’immergea dans un environnement totalement nouveau. Bien qu’elle ne connaisse pas l’hindi, elle accompagnait S. Frances après l’école, pour rendre régulièrement visite aux familles des élèves et assistait à leurs fêtes religieuses et culturelles. Elles aidaient les catholiques pour la liturgie, participait à la mandali (la prière) hebdomadaire, créèrent un club de femmes et donnaient des cours de catéchèse aux adultes avant leur baptême et aux enfants pendant les vacances scolaires. Lorsque sœur Frances partit pour une autre mission, Sœur Virginia Fornasa rejoignit Sœur Bertha pendant deux ans.
Durant ces années passées dans le nord des Fidji, Bertha a nourri un désir croissant de travailler avec des personnes d’autres confessions, de découvrir leur rapport au divin et d’approfondir sa compréhension et son appréciation de l’indouisme. Ce désir s’est encore renforcé lors de sa mission suivante, lorsqu’elle a vécu pendant plus d’un an dans un petit centre catholique à Raviravi, incarnant une présence chrétienne dans une région majoritairement hindoue. Elle s’y est impliquée dans la liturgie, les mandalis et un groupe de femmes. Elle a poursuivi ces activités après son instillation à Labasa, où elle a également enseigné à temps partiel au lycée Holy Family.
En 1985, Bertha retourna en Nouvelle-Zélande pour devenir membre de l’équipe de formation au noviciat d’Heretaunga. Plus tard dans l’année elle partit pour Saint-Louis, aux Etats-Unis, où elle obtint une maitrise en sciences religieuses et en pastorale. Elle retourna ensuite aux Fidji pour enseigner au centre de formation à Tutu, sur l’ile de Taveuni, et pour accompagner plusieurs postulantes smsm durant la première partie de leur formation. A Taveuni, elle rendait des visites aux familles catholiques indo-fidjienne et participait à leur Mandali. En 1992, Sœur Bertha devint directrice des novices à Heretaunga, accompagnant de jeunes femmes de différents pays dans leur discernement et partageant avec elles sa riche expérience de la mission.
Sa mission suivante fut à Suva, aux Fidji, en tant que l’Econome Régionale. Elle rejoignit le groupe Fiji Interfaith Search et en devint la coordinatrice. Bertha a fait de nouveaux amis avec des personnes d’autres confessions qui ouvraient ensemble pour la paix et de bonnes relations dans un pays qui se remettait des préjugés, de la peur et de la méfiance suite aux coups d’Etat militaires.
En 2008, l’évêque, Barry Jones, a demandé l’affectation de deux sœurs SMSM à Christchurch, où elles seraient chargées de l’assistance dans les paroisses de St Albans et Bryndwr. Sœur Marietta et Sœur Bertha ont accepté avec enthousiasme cette nouvelle mission. Rapidement, elles ont trouvé de nombreuses occasions de s’investir dans la pastorale à Christchurch. Elles ont participé à l’enseignement religieux à l’école primaire de St Albans et au Cathedral College. Elles ont visité de nombreuses écoles catholiques de L‘Ile du Sud pour parler des vocations religieuses. Sœur Bertha s’est impliquée dans le programme de catéchuménat et également a animé un petit groupe de prière régulier dans une maison de retraite voisine. Membres de la Ligue des Femmes Catholiques, les sœurs ont participé à des réunions locales et nationales. Apres le séisme dévastateur de Christchurch en 2011, elles ont rapidement commencé à collecter des vivres et des vêtements pour les personnes en détresse, notamment celles des banlieues est, où elles ont rendu visite à de nombreuses personnes vivant seules dans des maisons gravement endommagées. Elles ont par la suite reçu une distinction honorifique pour leur engagement.
Dès son arrivée à Christchurch, Bertha a rejoint la Société Interconfessionnelle de Christchurch et là elle a participé à de nombreuses activités. La plus marquante fut son doute le rassemblement des gens de toutes confessions à la Cloche de la Paix, dans le parc Hagley, quelques jours après les fusillades meurtrières perpétrées dans deux mosquées de Christchurch en mars 2029.
En 2017, Sœurs Bertha et Marietta s’installèrent à Papanui, une banlieue de Christchurch, et réduisirent progressivement leurs activités d’aide aux plus démunis. En février 2025, elles entrèrent toutes deux en maison de retraite à Golden Age Home à Papanui. Bertha fut transférée en soins infirmiers à l’hôpital Wesley Care en novembre 2025. Elle y décéda paisiblement le 2 mars 2026, trois jours seulement avant son 92e anniversaire et presque le jour même du décès de sa sœur jumelle bien-aimée en 2025.
Bertha est décédée comme elle a vécu : en quête de Dieu et en faisant confiance a son appel. Femme de prière et de sagesse profondes, elle était passionnément engagée dans la mission, notamment dans le dialogue avec les personnes d’autres confessions. Elle a saisi toutes les occasions de servir les étudiants et les paroissiens, où qu’elle vive, avec un dévouement sans faille.
« nous nous efforçons d’être créatives pour y répondre
acceptant, pourvu que l’Evangile soit annoncé
tout service apostolique
conforme au charisme missionnaire de la Congrégation. (Const. 18)
Sr Judith Moore smsm

