Lors de la messe de clôture de son récent voyage apostolique, le pape Léon s’est recueilli en prière devant l’image de Notre-Dame de Bisila pendant que l’on chantait le Regina Coeli. Notre-Dame de Bisila, vêtue de blanc et de bleu et tenant l’Enfant Jésus dans ses bras selon la tradition africaine, incarne pour le peuple de Guinée équatoriale une foi et une dévotion profondes. Son nom, en langue fang – la langue autochtone la plus répandue en Guinée équatoriale, signifie « compassion ».

Cette dévotion, qui remonte à une époque antérieure à l'arrivée du christianisme, est vouée à une figure mythique qui a redonné santé et fécondité à un peuple en déclin et lui a assuré sa protection. Dans la culture traditionnelle, elle occupait le rôle de « grande mère ». La première image de Notre-Dame de Bisila a été sculptée en 1968, à la veille de l'indépendance du pays. Des éléments explicitement liés à la culture ont été choisis : des scarifications, un bracelet traditionnel et l'Enfant Jésus, non représenté de face mais porté sur le dos de Marie.

 Le terme « inculturation » s'est imposé au XXe siècle, en particulier après le Concile Vatican II, mais le principe est ancien : l'Évangile pénètre dans chaque culture pour la transformer de l'intérieur, tout en restant fidèle au Christ. Les éléments de la culture sont conservés, mais intégrés au message évangélique.

 Notre-Dame de Bisila incarne un sentiment de proximité, représentant Marie comme une figure qui accompagne son peuple à travers les épreuves et les espoirs de la vie. Le mois de mai est traditionnellement consacré à Marie. Que Marie, Reine de toute la Création, intercède pour notre monde d’aujourd’hui et nous accompagne dans ce monde brisé.        

                                                                                 Denise, smsm